Samedi 21 avril 2018 journée d'hommage

René Thinat, L'homme

Maire d'Orléans de 1971 à 1978

Le 23 mars 1978, il y a 40 ans disparaissait René Thinat âgé alors de 69 ans. Plusieurs milliers d’Orléanais ont défilé devant son cercueil exposé à l’Hôtel de Ville. Ses réalisations ont été importantes : la Patinoire, la Piscine de La Source et le Complexe Sportif, des Centres Sociaux, le Carré St-Vincent, le 3ème Pont et la décision de construire le Centre Municipal, etc. Le souvenir de René Thinat reste ancré dans la mémoire des Orléanais.

HISTORIQUE

Monsieur René THINAT né le 23 Avril 1908 à BOULLERER (Cher), devient Directeur de la Caisse régionale de la Prévoyance Sociale et Artisanale d’Orléans en 1948, il est fait Officier du Mérite Artisanal en 1962.

Elu Maire d’Orléans en 1971, réélu en 1977,
Conseiller Général en 1973,
Conseiller Régional en 1974,
Chevalier de la Légion d’Honneur en 1977,
Décédé le 23 Mars 1978 à Orléans.

Election ReneTHINAT Rep du Centre
Portrait de Rene Thinat

Il est des Hommes qui ont profondément marqué de leur empreinte la destinée d’Orléans. Par sa personnalité si attachante, René Thinat a contribué au rayonnement de notre ville. Je tiens, en tant que Maire mais aussi, comme Orléanais, à m’associer à l’hommage particulier qui lui est rendu.

Mes premiers mots vont à l’homme : profondément libre, d’une grande indépendance d’esprit, un homme de caractère mais empreint d’une grande humanité, ouvert, allant vers les autres. Les Orléanais, qu’il aaimés, lui ont profondément marqué leur reconnaissance en 1978,se déplaçant par milliers devant son cercueil, à l’Hôtel de Ville, pourlui rendre un dernier hommage. Jeune adolescent à l’époque, je mesouviens très bien de lui.

Prenant la suite de Roger Secretain, comme premier magistrat d’Orléans,René Thinat s’attache alors à poursuivre et à amplifier le développementurbain de la Cité, multiplier les équipements publics pour répondre aux besoins exprimés en cetteépoque d’émancipation profonde de la société : installations sportives, aires de jeux, espaces dedétente, équipements culturels …
avec sa volonté constante d’en faciliter l’accès à tous.

Et, curieux hasard, à l’heure où nous vivons la métropolisation de notre territoire, René Thinats’était, dès 1973, projeté dans l’avenir, en proposant la création d’une communauté urbaine et enformalisant par un Pacte de Solidarité, le rapprochement des villes ligériennes d’Orléans, Blois et Tours…

Le développement culturel de la ville sera l’une de ses principales priorités, l’une de ses grandesfiertés.

Passionné de culture, amoureux de musique et de poésie, sensible à tout ce qui donne un sens àl’existence humaine, René Thinat s’attachera, pendant son mandat, à soutenir la diffusion culturelleet artistique. Les lieux culturels sont repensés : Théâtre, Musée des Beaux-Arts, bibliothèques…
La création artistique est encouragée, le patrimoine littéraire et historique valorisé. Le rayonnementculturel s’offre de nouveaux horizons : création du festival Orléans-Cinéma, intensificationjumelages. Fervent défenseur de la langue et la littérature françaises, René Thinat soutenait le projetd’Hélène Cadou, qui souhaitait réaliser, dans l’ancien Evêché, un Musée des Lettres françaises. Sadisparition n’a pas permis à ce beau projet d’aboutir sous cette forme. Mais je suis fier aujourd’hui delui redonner un sens grâce aux « Voix d’Orléans » qui ont investi les mêmes lieux.

Tout au long de son mandat, René Thinat s’attachera également à rendre la culture accessible à tous.Un nouvel essor est donné aux Maisons de la culture dans les quartiers et de nombreuses initiativessont mises en place pour encourager la fréquentation des lieux culturels par tous les publics.

Les Amis de René Thinat et sa famille lui consacrent, le 21 avril 2018, une belle exposition culturelle au Musée des Beaux-Arts. Je tiens à leur exprimer mon entière gratitude en les remerciantinfiniment de continuer à garder ouvert et vivant le livre de sa mémoire.

Les amis de René Thinat

L'association

L’Association des Amis de René Thinat créée le 12 mai 1979 à l’initiative de ses proches collaborateurs, a pour but de contribuer au souvenir de René Thinat et de continuer à mettre en avant la pensée philosophique des travaux de la main de l’artisanat, de la musique qui animait René Thinat et d’aider les étudiants de ces enseignements par un prix décerné chaque année. L'Association soutient de plus le Centre de Ressources René Thinat qui a été ouvert le 1er mars 2018.

Olivier Carré

Maire d’Orléans
Président d’Orléans Métropole

René Thinat Théâtre d'Orléans

La vie d’un homme, ses engagements politiques ou humains, ses actions, peuvent être déterminés par des rencontres, des événements, mais aussi parfois par une idée, assez grande, assez forte et prégnante pour être constamment dans son esprit et dans son cœur.

René THINAT, Maire d’ORLEANS de 1971 à 1978, est resté, de par ses origines et sa formation toujours proche des travailleurs manuels, des métiers d’art, mais aussi des artistes et plus spécifiquement des musiciens.

La campagne berrichonne de son temps n’était guère différente de celle si bien décrite par George Sand, avec ses chemins creux, ses « birettes » (fantômes champêtres), le potier et le tisserand, et le musicien de village fabuleusement habile sur sa vièle, sans oublier Frédéric Chopin magicien des sons et tout le courant artistique présent dans les vieilles « maisons de maître ». Comme l’enfant courant par les bois et les près, l’homme, et tout particulièrement l’homme politique, reste fasciné par l’extraordinaire conjonction entre la main et le cerveau, possibilités immenses et presque magiques offertes à l’homme depuis la préhistoire et qui l’ont construit, façonné, et propulsé dans d’autres mondes, des mondes qui nous étonneront encore longtemps grâce à ceux qui se vouent encore à l’Artisanat et à l’Art.

Et c’est ce qui a conduit l’Association des « Amis de René THINAT », reconnaissant l’importance de cette notion du travail miraculeux de la main pour l’ancien maire et souhaitant lui rendre en même temps hommage, à distribuer de modestes bourses à des étudiants musiciens ou des apprentis et parfois de jeunes étudiants déjà avancés dans leur carrière, coup de pouce permettant de financer un stage, un voyage, l’achat d’un instrument. Dons sans prétention mais qui depuis les premières années (Création de l’Association en 1979) ont pu aider plus de 82 lauréats et un suivi nous permet de constater que les voies prises et les engagements ont été respectés avec souvent un réel sucés.

C’est pourquoi nous souhaitons continuer cette action d’aide à tous ces jeunes doués et pleins d’ardeur et d’enthousiasme. La Mairie d’Orléans s’est associée à cette action ainsi que de généreux donateurs et tous les associés des Amis de René THINAT.

René Thinat Délégation Wesphalie rep du Centre

Membres fondateurs

Monsieur Emile VIALLE, Adjoint au Maire

Monsieur Jean-Claude KAFTANJIAN, Adjoint au Maire

Monsieur Lionel MARMIN

Secrétaire Général de la Ville d'Orléans

Monsieur Serge BODARD, Secrétaire Général Adjoint

Les employés municipaux de son Cabinet

  • Monsieur Jean-Bernard COUSIN

  • Madame Jeanne FAUGOIN

  • Madame Micheline MENOURIE

  • Mademoiselle Hélène KAFFES

Des Artisans

Des Membres de la Chambre des Métiers, de la Caisse artisanale

  • Madame Josette RIGAULT

  • Mademoiselle Léone SOUGY

  • Mademoiselle Sylvianne FRANCAUX

Les Présidents de l’Association des Amis de René Thinat

Monsieur Emile VIALLE, 1979- 1993

Maître Gaston BRIANT, 1993- 1997

Monsieur Roger GUERIN, 1997 à 2000, Président Honoraire

Monsieur Jean-Claude KAFTANJIAN, élu en 2000.

Prix René Thinat

L’association des Amis de René THINAT décerne chaque année un prix d’une valeur de 1 000 € à un jeune artisan ou à un artiste dont le travail met en valeur la relation entre la main et le cerveau humain qui lui donne la vie et le pouvoir de créer. Musicien, instrumentiste mais aussi sculpteur, violoniste mais aussi designer, coiffeur, tailleur de pierre, artisan-menuisier, céramiste…

Quelques précisions concernant l’attribution de ce prix

René Thinat disparu en 1978 était maire d’Orléans et très attaché à cette ville, c’est donc naturel de souhaiter en premier lieu que le jeune candidat réside ou travaille en région orléanaise ou encore se destine à y travailler.

Il s’agit par ailleurs d’une aide modeste qui ne nécessite pas la réunion d’un jury et l’association fait entièrement confiance au chef d’établissement et aux mentors et professeurs qui recommandent un candidat pour l’attribution d’une récompense, petit coup de pouce qui peut se révéler gratifiant et bénéfique. Cependant il nous semble préférable d’avoir plutôt la reconnaissance d’un besoin de bien faire et de qualités humaines profitables à tous que l’affirmation d’un talent exceptionnellement brillant. Mais par ailleurs un solide professionnalisme est souhaité qui peut garantir autant que possible un avenir heureux dans la voie choisie.

Une lettre très courte de motivation écrite par le candidat pourrait aider l’association à connaitre mieux la personnalité du candidat et à mesurer sa compréhension et son respect du travail de la main ; à la fois prosaïque, indispensable et magique.

Les lauréats

Grâce au soutien de la Ville d'Orléans et aux cotisations des adhérents, la bourse est reconduite chaque année pour un élève méritant désigné par le Chef d'Etablissement du Centre de Formation d’Apprentis de la Chambre des Métiers du Loiret - du Centre de Formation d’Orléans Métropole - du Conservatoire et de l’ESAD.

De nombreux prix ont été remis depuis dès la création de l'Association : Marie FAUCQUEUR, François Michel RIGNOL, Elèves du Conservatoire d'Orléans, entre autres …

Alice CURRERI - prix 2004 - 800€ Elève flûtiste élève du Conservatoire

Marina DORMENIL - prix 2005 - 800€ Apprentie BP Esthétique Cosmétique - C.F.A. de la Chambre des Métiers du Loiret

Cyrielle ARIOSO - prix 2006 - 800€ Apprentie Bac Pro Services - Centre de Formation de l'Agglomération orléanaise

Apolline SUCHARD - prix 2007 - 800€ Elève pianiste élève du Conservatoire

Christel DAMEN - prix 2008 - 900€ Apprentie - Centre de Formation de la Chambre des Métiers du Loiret

Jonas GASCHAUD - prix 2009 - 900€ Apprenti CAP Ebéniste - Centre de Formation de l'Agglomération orléanaise

Léo MARGUE - prix 2010 – 1000€ Elève pianiste du conservatoire

Justine TRUILLET - prix 2011 – 1000€ Apprentie BTS Esthétique - Chambre des Métiers du Loiret

Elise CASTELAIN - prix 2012 – 1000€ Apprentie BTBS - Centre de Formation de l'Agglomération orléanaise

Charline SITHOUNE - prix 2013 – 1000€ Élève méritante du Conservatoire

Julien MONGENDRE - prix 2014 – 1000€ Apprenti Mécanicien de Maintenance - C.F.A. de la Chambre des Métiers du Loiret

Damien JOURNEAU - prix 2015 – 1000€ Apprenti - Centre de Formation de l'Agglomération orléanaise

Nestor LAURENT-PERROTO - prix 2016 – 1000€ Élève du Conservatoire

Florent BERTHIER et Delphine MISTLER - prix 2017 – 1000 € Élèves de l’ESAD d’Orléans

Programme de la journée d'hommage

Samedi 21 mars 2018

10:45 Assemblée générale salle Münster
Centra Municipal, Place de l'Etape 45000 Orléans


11:30 Dépot de gerbe
Déjeuner au restaurant d'Application de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat du Loiret
5, rue Charles Peguy 45000 Orléans - tel 02.38.62.06.60


14:30 Musée des Beaux-Arts
Vernissage de l'exposition René THINAT l'Homme - l'oeuvre "la Culture dans les années 70
Oeuvres du peintre André Civet


16:00 Auditorium du Musée : Conférence autour de la main
Miguel CUADRA, philosophe


17:00 Concert : Cristian MONTI, pianiste
Oeuvres de Bach


18:00 Réception à l'Hôtel Groslot


Témoignages

C’est comme vice-président, puis président du Centre d’action culturelle à partir de1976, que j’ai participé de près à la construction, à l’inauguration et à la mise en routedu Carré Saint-Vincent. Durant la période 1973-1978 j’ai donc rencontré souvent RenéThinat et partagé avec lui un certain nombre de projets. En 1971 il n’y avait à Orléanscomme salle de spectacle que le petit théâtre « à l’italienne » qui était face à l’HôtelGroslot, mal entretenu et désuet. La mode était alors aux Maisons de la culture, et Orléansrêvait d’avoir la sienne. Une préfiguration institutionnelle fut mise en place, qu’onappela la MCO. Après bien des tergiversations il fut décidé qu’elle serait implantée surle Carré Saint Vincent (et non dans le quartier Gare comme le demandaient beaucoupd’orléanais). Dans leur état initial les bâtiments ont donc été conçus comme une maisonde la culture. D’innombrables discussions, voire résistances, ont abouti à un compromis :dans des murs conçus à l’origine pour abriter une Maison de la culture, il n’y aurait pasde Maison de la culture. On restait fidèle à la formule d’un théâtre municipal renouvelé,plus prestigieux, dirigé par Pierre-Aimé Touchard, mais il y aurait, parallèlement,un Centre d’Action culturelle (CAC), que par habitude, et peut-être aussi par dépit, oncontinua d’appeler jusqu’en 1984 la MCO. On voit là, dans les faits, la manière dont RenéThinat a su concilier les attentes des élus, celles aussi d’un public nombreux resté fidèleà l’image d’un théâtre qui devait être celui de la ville, et les attentes de ceux qui étaientplus novateurs, souvent nouveaux orléanais, dont certains avaient contribué à l’électionde René Thinat en 1971. Ils se retrouvèrent tous dans ce Centre d’Action culturelle doté,si l’on peut dire…, d’un conseil d’administration pléthorique de 30 membres, dont 10 étaitélus par les adhérents. C’était faire la part des choses. René THINAT me sollicita pour enêtre le président après la démission d’Hélène Cadou, quand il eut l’excellent réflexe derecruter Irène Ajer comme directrice de la MCO. Ce qui nous intéresse surtout ici c’estla façon dont René Thinat a travaillé avec nous dans les années 1973-1978. Les réunionsde bureau se tenaient dans un restaurant des Halles, « La Ripaille », et c’est en dînantque nous travaillions. Atmosphère détendue, conviviale, où bien des projets, des rêvesaussi, furent ébauchés. Cela lui permettait également de se laisser aller à des confidencesfaites avec l’humour féroce et les talents d’imitateur qui étaient les siens pour régler leurcompte, dans l’intimité, à des critiques ou à des hésitations qu’il n’appréciait guère. Oupour faire part de ses regrets ou de ses doutes : pas de fosse d’orchestre dans la grandesalle, et donc pas d’opéra ! Et quel serait l’acoustique de la salle ? Et la réaction de certainespersonnes conviées à l’inauguration, qui nous amusa et nous attrista à la fois, provenantde personnes qui avaient activement milité pour la construction de cette grande salle etqui le jour de l’inauguration furent prises de panique : « Jamais on n’arrivera à remplirtout ça ! » Maintenant, certains soirs, on remplit les trois salles… Il nous faisait aussipartager ses étonnements : je me souviendrai toujours la façon pleine d’humour dontil nous mima son entretien avec son homologue de Tours quand celui-ci lui apprit qu’ilRené Thinat,Témoignagesserait candidat à la Présidence de la République… Il est important de souligner l’aspectconvivial que prenaient ces réunions. René Thinat ne concevait pas la vie culturellesans cette convivialité faite d’échanges, de liberté et de franchise. Il parlait souvent de lavie nocturne à Orléans, qui n’existait pas, en regrettant alors l’absence de terrasses auxcafés, déplorant des espaces déserts en plein centre-ville et une diversité culturelle quipeinait à s’implanter. En matière culturelle il voyait grand et avait de grandes ambitionspour l’avenir.

C’est à cette volonté qu’on doit aussi la création des Semaines Musicales Internationalesd’Orléans (est-il nécessaire de rappeler la préoccupation constante qu’avait RenéThinat de la vie musicale ?), les Journées cinématographiques d’Orléans, et des projetsqui ne verront pas le jour, ou très tardivement et sous d’autres formes, comme le Muséedes Lettres françaises, trop ambitieux, et la « bibliothèque centrale » qui verra le jourbeaucoup plus tard sous une autre forme. Bien des réalisations qui ont suivi son mandatétaient plus qu’esquissées quand il était maire d’Orléans. Dans la volonté de permettrel’accès à une vie culturelle pour des habitants éloignés du centre-ville, notons aussi laconstruction de la salle Gérard Philipe à La Source, et d’un énorme complexe sportif(stades, tennis, centre d’accueil). À une période où la vie culturelle était faite souvent detensions et de beaucoup d’a priori, René Thinat a réussi à concilier des exigences trèsdiverses, parfois contradictoires, en leur permettant de trouver au mieux les lieux et lesmoyens nécessaires pour s’exprimer.

Marc Baconnet

Président de l’Académie d’Orléans
(Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts)

René THINAT - Cultivé et Humaniste
Nos 1ers contacts : lors de l’inauguration des 2 collèges à Orléans et Orléans La Source.

A l’issue de la cérémonie, nous avons discuté Architecture et Urbanisme pendant unbon moment lors de l’apéritif. Il m’avait dit être, non pas impressionné mais intéressépar leur architecture, par les prestations, les délais et le respect du coût des objectifs.J’avais cru ressentir qu’il pensait que je pourrai être quelqu’un de « fiable » !! Celas’était confirmé quand il est venu inaugurer tout d’abord la salle Gérard Philipe, puispeu de temps après la Bibliothèque de La Source en présence du Directeur Nationaldes Bibliothèques de France, qui lui avait dit à cette occasion qu’Orléans avait la, (ouune), des plus belles bibliothèques de Province. Après la M.J.C, cet ensemble m’avait étéconfié par M. Secretain, décédé avant la fin des travaux. Par la suite, j’avais organisé,en tant que Président du Syndicat des Architectes du Loiret et la Région Centre, uneexposition dans, ce que l’on appelait alors le C.R.D.P, une exposition importanted’Architecture et d’Urbanisme. Exposition inaugurée par René Thinat et le préfetGraux. A cette occasion, j’ai pu mesurer une nouvelle fois l’intérêt qu’il portait à cetteprofession, et aux réalisations exposées. Sa culture en ce domaine m’avait laissépenser que c’était un grand humaniste s’intéressant beaucoup aux Arts (notammentà la musique bien sûr !).

Pierre Blareau

Architecte

René THINAT Le cheval du trésor de Neuvy en Sullias

Voilà près de 50 ans, deux grands destins se sont rencontrés : celui d’une ville, Orléans,et celui d’un homme qui en devient le premier magistrat. Il est bon de rappeler que notrecité doit beaucoup à ce maire qui en a tenu le gouvernail de 1971 à 1978 et qui, en septannées, a tellement fait pour elle. Un grand maire, s’il en fut. La décennie 70 est pour Orléans une période d’intense mutation. René Thinat s’intéresse àtout et à tous ; il voit les manques de la ville et va s’atteler à les combler. Il s’affaire dans ledomaine social, sportif, culturel ; il lui faut à la fois répondre aux nécessités issues d’unedémographie galopante, redonner de l’attrait au centre ancien, contraindre l’échappéedes habitants en périphérie, lutter contre la paupérisation des commerces…Partout, il ya tant à faire. Pour ce faire, René Thinat n’est pas dépourvu de ressources. On loue ses qualités humaines :bienveillance et disponibilité, écoute et dialogue, altruisme et générosité. A cela s’ajouteun esprit décisionnaire. Dans son rôle de maire, il a pleinement pu exercer ses talents eten particulier la pertinence de son jugement. La vision de René Thinat va bien au-delà de sa ville. Il pense en termes d’agglomération ; ilmet en place une coopération régionale ; il sent le besoin d’indépendance des communesfrançaises au sein d’un Etat par trop centralisateur. Attaché à l’idée de l’Europe, il développeles échanges et les jumelages.Le souvenir de René Thinat reste ancré dans notre cité où nombre de réalisations ont vu lejour sous son impulsion. Je n’en citerai que quelques-unes : la patinoire, la piscine de LaSource et le complexe sportif, des centres sociaux dans les quartiers, l’Ecole Municipaled’Initiation Sportive, le Carré Saint Vincent…Et puis, il y a le 3e pont qu’il a inauguré en1977 et qui, deux ans plus tard, portera son nom.Cet hommage, organisé à l’occasion du quarantième anniversaire de la fin de son mandatnous le devons à l’Association des Amis de René Thinat et à sa famille. C’est de tout coeurque je m’y associe.

Serge Grouard

Député honoraire
Maire d'Orléans 2001-2015

Sur le testament de René Thinat

Dans son testament, René Thinat, maire d’Orléans, a écrit : « À ceux qui me succèdent, je demande instamment de poursuivre les trois grandes oeuvres qui donneront à notre ville son véritable rang économique, touristique et culturel : les abords de la cathédrale, l’îlot A et le centre urbain de La Source. Mon coeur et mon esprit restent enfermés dans ces projets ».
Ces lignes témoignent de l’attachement fort qui fut celui de René Thinat, comme de nombre de ses prédécesseurs et successeurs, à l’urbanisme. L’urbanisme est un sujet dont nos concitoyens ne perçoivent pas toujours l’importance, dans l’actualité immédiate. Mais lorsqu’on est maire, on ne peut manquer de se projeter dans l’avenir et d’imaginer les configurations futures de la ville. L’on sait bien qu’un ou que plusieurs mandats ne suffiront jamais à donner forme aux projets urbains que l’on porte en soi. Mais ainsi va la ville, fruit de volontés successives, qui se construit, se fait, se refait, se dessine et se redessine, au-delà des destins individuels.
Les abords de la cathédrale, première « oeuvre » citée trouveront un nouveau destin avec la construction du musée des Beaux-Arts, du centre municipal et du conseil régional.
L’ « îlot A » fut l’objet de multiples controverses. Et sans doute nombre d’orléanais ignorentils aujourd’hui ce que dénommait cette appellation sibylline. Il s’agissait du « quartier gare ». René Thinat était habité par l’idée que ce lieu névralgique et central devait accueillir un projet fort. Un centre commercial de grande ampleur y a été construit. Je ne sais si René Thinat eût souscrit à l’architecture et au dessein qui furent choisis, qui ont pour effet de cacher ou d’enliser la gare dans le nouvel ensemble, mais il pensait au développement d’Orléans. Quoi qu’on puisse en penser aujourd’hui, le nouveau complexe y a contribué.
Enfin, La Source. Cette « oeuvre » à l’époque quelque peu visionnaire imaginée par son prédécesseur, René Thinat a voulu passionnément sa réussite. Le projet intitulé « Banlieue 89 » qui a vu le jour bien après, rejoint son intuition puisqu’il a créé une centralité au point de jonction de la ville nouvelle et du complexe universitaire. René Thinat l’avait appelé de ses voeux car il avait perçu l’un des défauts originels de La Source – à côté, il faut le dire, de nombre de caractéristiques positives –, qui tenait à l’absence, au départ, du choix d’installer au coeur de la ville nouvelle, un centre fort, doté d’une structure commerciale à la hauteur du nombre d’habitants, d’étudiants et de salariés qui y vivraient. Ainsi, la dalle qui était voulue comme un forum convivial par les architectes fondateurs ne le fut-elle jamais…
… Mais ainsi se façonne l’histoire des villes. Nos prédécesseurs nous lèguent leurs réalisations, leurs rêves, leurs erreurs (ils ne le savent pas et nous ne le savons pas plus aujourd’hui), leurs projets et leurs utopies. Et sur ce « terreau » – comme l’eût écrit Charles Peguy –, il nous appartient de continuer d’avancer du même coeur, avec la même volonté. Et de penser que d’autres poursuivront le travail. C’est tout le sens du testament de René Thinat qui, assurément, aimait Orléans.

Jean-Pierre Sueur

Sénateur du Loiret
Ancien maire d’Orléans

Ayant la volonté de poursuivre intensément les activités dans le domaine culturel,René Thinat tient à encourager tous les acteurs intéressés. C’est ainsi qu’en appréciantles immenses possibilités du nouveau théâtre (inauguré en 1975), il lança uneétude destinée à y adjoindre, dans le même secteur, une Maison des Congrès. Il eutégalement le souci d’intensifier, avec l’aide des monuments historiques, l’urbanisationdes anciens Etablissements Dessaux. Il fût aussi désireux de voir organiser desexpositions à haut rayonnement, sur le plan local, certes, mais également par l’envoihors des frontières d’éléments picturaux, de vestiges historiques, etc. destinés àmieux faire connaitre les richesses du patrimoine Orléanais. Citons de plus la créationde deux prix destinés à encourager l’art pictural dans la Région Centre, celui de laVille d’Orléans et celui des trois villes ligériennes, Orléans, Blois et Tours, ainsi que lafondation du Centre d’études johanniques, et la restauration du Campo Santo. Ce fût,grâce à lui, la poursuite significative du développement culturel de la ville, influencebienfaitrice au service de tous.

Jean-Bernard Cousin

(Directeur du Cabinet de Roger
Secretain et René THINAT)

En 1972, j’avais 24 ans, je postulais pour diriger le conservatoire d’Orléans. C’était, d’abord,une idée de mon maître René Berthelot. Rendez-vous fut pris avec René Thinat, RenéBerthelot m’accompagnait. L’entretien avec le maire d’Orléans fut catastrophique ! RenéBerthelot s’exprima - fort bien - pendant toute l’entrevue, j’étais trop respectueux pour l’interrompreet je dus bredouiller, en tout et pour tout, deux malheureuses phrases. Le maired’Orléans fit remarquer le jour même à l’un de ses collaborateurs que ce candidat Joubertétait bien jeune et bien peu loquace.

Je fus nommé et ai pris mes fonctions dès la rentrée de 1972. Peu de directeurs de conservatoireont eu autant de chance que moi. René Thinat était attentif, présent, amical ; tousles problèmes que rencontrait le conservatoire étaient vus directement, rapidement,simplement avec lui. Si, dans ces années, le conservatoire avait pu devenir le bel établissementqu’on a connu, c’était, certes, grâce à l’immense talent de mon prédécesseur RenéBerthelot, grâce à une exceptionnelle équipe de professeurs, mais aussi, grâce à l’attentionconstante et à l‘intérêt sincère de René Thinat.

Une anecdote : peu avant mes 30 ans, j’eus la rougeole ! René Thinat, amusé, confiaà mon ami Lionel Marmin, secrétaire général : “j’avais bien dit qu’il était trop jeune…”

Claude-Henry Joubert

Ancien directeur du Conservatoire

Rene THINAT

J’étais en poste à la Mairie d’Orléans depuis 1964, lorsque le Parti Radical socialiste(liste du Docteur Grosbois remporta les élections en 1971). Sur élection par ses pairs,René Thinat devint donc Maire de la Ville d’Orléans et son premier mot après l’électionfût : « personne ne bouge « j’ai donc appris à connaître ce nouvel élu, et j’ai d’abord étéfrappée par son sens de la justice, justice envers ses prédécesseurs par des hommagesappuyés à l’ancienne équipe, justice pour les personnes qu’il employait et, avec desimpatiences des colères même parfois si ce qu’il imaginait mettait du temps à se réaliser,une réelle bonté ; C’était ce mélange étonnant de volonté énergique d’aboutir etavec une empathie pour la faiblesse qui m’a fait souvent réfléchir à ce que la vie politiquedemande aux élus, de force et de travail sur soi. La maison de la rue d’Illiers étaitgrande ouverte.

Monseigneur Riobe, le Docteur Leconte et Pierre-Aimé Touchard y avaient leurcouvert et la maigre mensualité versée aux Maires de l’époque ne couvraient certainementpas les frais ! C’était aussi l’occasion de retravailler les projets en cours avec lesMaires de Blois et Tours, Pierre Sudreau et Jean Royer. Les maires des Villes Jumellesse retrouvaient également généreusement invités, chaque année après les Fêtes deJeanne d’Arc. Aussi, chaque année, un traditionnel dîner était organisé gracieusementpar Madame Thinat pour toute l’équipe (secrétaires, chauffeurs) nous partagions cemoment de grande générosité, moment convivial et affectueux de la part de Monsieuret Madame Thinat qui ne comptaient ni leurs frais ni leur temps !

J’aimais aussi l’entendre évoquer le Berry et la langue berrichonne dont il usait pour nousraconter des histoires pleines de verve. Tous ses souvenirs vivaient dans son langage et safaçon de s’exprimer ! Il avait en effet, une formation classique, socratique en quelque sortequi, après sa mort, a inspiré la création de cette Association qui gère l’attribution modestede quelques prix destinés à soutenir des artistes mais aussi des artisans qui se servent deleurs mains, outils privilégiés du savoir. Il avait une profonde attirance et admiration pourles potiers de La Borne dans le Berry et surtout les artisans restaurateurs de la Cathédralede Bourges. Je suis heureuse de continuer à participer aux travaux de l’Association desAmis de René Thinat.

Hélène Kaffes

Secrétaire de l’association
les Amis de René THINAT

« L’homme fort, c’est l’homme d’une idée » disait Goethe.
L’idée fixe de René Thinat, c’était Orléans, qui ne constituait pour lui ni un tremplin àses ambitions politiques, ni un bâton de maréchal, mais un aboutissement, uneraison d’être.

Magnifique, il l’était tout autant par sa prestance physique et sa distinction, que parsa hauteur de vue, son implication, et plus que tout, sa volonté de comprendre sonépoque pour faire évoluer sa ville. Sur les traces de Roger Secretain qui avait, lepremier, décidé l’établissement d’une Maison de la Culture à Orléans, il avait épouséles théories de Malraux qui fondait toutes les entreprises de son ministère sur undogme unique : « En matière d’art, patrimoine ou création, offrir le meilleur au plusgrand nombre… possible ». Et il faisait sienne cette problématique dans sa complexité.Je compris qu’il m’avait choisie comme directrice de la MCO, parmi de nombreuxcandidats masculins, plus chevronnés que moi, parce qu’issue de ce Ministère de laCulture, rompue à ses enseignements, je devais en posséder les arcanes et les recettespour les mettre au service d’Orléans. Tel était le rôle qu’il m’assignait.

Admirateur de sa fille Françoise, éminente pianiste, il avait médité sur la nécessité etla manière d’insérer l’artiste à sa juste place dans la société sans être jamais dupe desimposteurs et des profiteurs…

Il était chez lui au Carré Saint-Vincent. Il y venait sans s’annoncer, en souverain etvoisin. On me disait : « Monsieur le Maire est dans le hall ». Je me précipitais et nousarpentions l’espace en échangeant longuement sur la marche de cette maison à rebâtir,et à réinscrire dans son contexte socio-économique. Je lui restituais les notionsde « contemplation artistique » et de son indispensable cohorte, « l’action culturelle »permettant l’accès aux oeuvres, tandis qu’il m’expliquait Orléans, ville compliquéecomme l’Orient, secrète, rétive à la nouveauté, mais fidèle à ses acquis et à ses affections.Il connaissait tout du passé de la maison, de son personnel, et me conseillait,austère, sur la conduite à tenir pour réussir et séduire les orléanais. Il protégeaitma démarche des dangers encourus par ma méconnaissance, il m’apprenait la cité,« Fille, gardez-vous à gauche… ! Fille gardez-vous à droite… ! » Conscient de monesseulement, il m’invitait à la table familiale pour échanger avec sa femme et sa fillesur ma relation personnelle à cette ville apparemment inaccessible, où j’éprouvaisune réelle solitude.
Enfin, ultime présent pour mon avènement, il installa Marc Baconnet à la présidencede la MCO, qui devint son mentor et son protecteur, charme et sagacité opérant.

Sa disparition, six mois après mon arrivée, me laissa désemparée : un désastre pourla ville, une calamité pour la MCO, et un inconsolable chagrin pour moi.

Irène Ajer

Ancienne directrice du Théâtre

Quelques souvenirs de René Thinat

L’élection, en mars 1971 de la liste Grosbois-Thinat, puis celle de René Thinat comme Maireprovoqua à Orléans l’étonnement, voire la stupeur. Secrétaire Général de la Ville lié à RogerSecretain depuis qu’il m’avait fait venir de Tours en 1962, j’avais, dois-je le dire, quelqueshésitations. Mais très vite, au-delà d’opinions politiques un peu différentes, je trouvais en luiun esprit humaniste et la facilité de rapports très humains ; il n’y eut pas de césure dans macarrière administrative. René Thinat s’inscrivit en effet dans la lignée des maires soucieux deleur bonne ville d’Orléans. Tout en se différenciant de Roger Secretain, il poursuivit la politiquede jumelage avec Kristiansand en Norvège en 1973 ; renouvellement du serment avecMünster en 1975, et il montra ce souci en choisissant pour présider les fêtes de Jeanne d’Arcdes représentants européens : Walter Behrend, Président du Parlement Européen en 1972 ;S. Stray, Ministre Norvégien en 1973 ; Claude Lewy, ancien Maire d’Orléans , avocat internationalà New York en 1974 ; Emilio Colombo, Président du Parlement Européen en 1977.Le Constructeur : le Pont Thinat, la Patinoire, les Halles parmi les principales réalisations ;mais j’insisterais en évoquant son action dans le domaine culturel sur le Musée des Beaux-Arts et le Théâtre. Abandonnant l’idée du réaménagement sur place, la municipalité, sur saproposition décida d’utiliser l’emplacement de l’ancien théâtre, vétuste. Le nouveau Muséeréalisé par les architectes Sonrel et Duthilleul s’inscrivit dans le vaste projet des abords dela cathédrale conçu par l’architecte Christian Langlois. Quant au nouveau Théâtre, inauguréen 1975, réalisé également par Sonrel et Duthilleul, il remplaçait avantageusement l’ancienThéâtre à l’italienne de la Place de l’Etape. Et pour le diriger, René Thinat choisit PierreAimée Touchard (PAT) qui jusqu’en 1981 donna une forte impulsion au spectacle vivant. J’aiun souvenir personnel : c’est PAT qui me présenta en 1975 le Directeur du Jeune ThéâtreNational qui allait devenir, bien des années après Co-Directeur et Animateur du CADO : LoïcVolard. Il y aurait encore beaucoup à dire : l’achèvement de la réhabilitation de Saint-Pierrele-Puellier, la promotion de Jeanne Champillou, dont René Thinat était admirateur, son goûtpour Peguy… Et aussi, l’impulsion qu’il donna à l’axe ligérien Tours-Blois-Orléans avec lesmaires Jean Royer et Pierre Sudreau, ou encore le développement du SIVOM mis en placeen 1964. Sa réélection en 1977 devait lui permettre d’achever son action. Son décès en 1978amena un vide dans la politique de la ville. Pour ma part, son soutien, dans une périodedifficile, m’a permis de juger l’homme. Plein d’humanité, malgré son aspect rigoureux etquelquefois autoritaire, il savait se montrer à l’écoute des autres avec bienveillance.

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